Les Produits sans allergènes, une stratégie de diversification ou une impossibilité ?
Par Marylise JACQUELINE le dimanche 8 juin 2008, 09:46 - Des sujets Marketing - Lien permanent
Dans leur bataille pour se diversifier, attirer de plus en plus de clients, satisfaire et si possible fidéliser à l'heure actuelle, les géants de la grande distribution ont "oublié" une catégorie de consommateurs pourtant en émergence ces dernières années : les consommateurs souffrant d'allergie alimentaires.
Produits allégés, produits bio, produits du terroir : voici les derniers nés de nos grandes enseignes afin de satisfaire les clients. Programmes de fidélité, points, bonus, réduction sur une famille de produits ou un jour donné : voici leur méthode pour conserver le plus de clients à l'heure où les guerres de conquête sont rudes et où notre pouvoir d'achat est malmené.
Mais, dans toutes ces stratégies de diversification et de fidélisation, n'y a t'il pas des consommateurs oublié, des consommateurs qui représentent une part de marché non négligeable ? Je pense que oui, avec les personnes souffrant d'allergies alimentaires.
Les personnes allergiques sont de plus en plus nombreuses. Chaque année, de nombreuses mamans découvrent que leurs chères têtes blondes ont des allergies ou des intolèrances à certains aliments. Et là, commence le casse tête, un parcours du combattant pour trouver "Le Produit" que leur enfant pourra manger sans qu'il risque sa vie et si possible un produit avec du goût. En effet, si vous prêtez attention aux produits que vous achetez (tous pour la plus grande partie) ils contiennent la mention de précaution "Peut contenir des traces de..." ou "Traces éventuelles..." ou "Fabriqué dans un atelier qui utilise..." D'où un énorme casse tête pour ces mamans.
Bien entendu, leur maladie peut avoir de lourdes conséquences en cas d'ingestion de l'allergène : démangeaisons, gonflements, nausées, œdème de quincke, choc anaphylactique. Les mamans ne doivent donc pas se tromper et doivent pouvoir se fier aux indications des emballages car elles confient la vie de leurs enfants aux fabricants lorsqu'elles leurs donnent le produit à manger.
Mais n'y a t'il pas un abus de tous ces fabricants et de nos marques en matières d'étiquetage des mentions de précaution ? Une loi est entrée en vigueur fin 2005 sur les allergènes les plus fréquents et qui doivent être mentionnés si le produit en contient. Mais à chaque fois, ces allergènes (œuf, blé, soja, arachide, etc.) figurent sur les produits (allez-y faites le test) alors que si ça se trouve, le produit n'en contient pas un gramme. Ce comportement de protection est fait pour éviter les problèmes et se couvrir au moindre accident.
Donc la question que je soulève est " Pourquoi nos enseignes ne proposent pas de produits sans allergènes ?" Pourquoi ne s'intéressent-elles pas à ces consommateurs ? Pourquoi ne pas profiter de ce créneau pour conquérir de nouveau client, satisfaire et par la même occasion fidéliser des consommateurs en manque d'attention ?
Si on prend uniquement l'allergie à l'arachide
(elle représente 18% des allergies chez les enfants contre 1,1% chez l'adulte), il est possible de répondre aux attentes des ces consommateurs. Bien entendu cela nécessite un cahier des charges complexe, cela nécessite de maîtriser la chaîne de conception du produit du début à la fin, cela implique une confiance totale entre les fabricants, l'enseigne qui commercialise le produit et les consommateurs.
Mais Monoprix le fait ! Elle propose ce type de produits (sans gluten, sans arachide, sans ...) Pourquoi des sites vendent ces produits (surement des mamans qui en ont raz-le-bol de priver leur enfant de tout) ? Pourquoi l'Angleterre, le canada et les États-Unis proposent des solutions, s'intéressent à ces clients et pas les entreprises françaises ?
Cette question m'agace depuis longtemps et bien que lors de la rédaction de mon mémoire de fin d'étude consacré à ce sujet, j'ai essayé d'obtenir des réponses de Carrefour, Danone ou Nestlé et bien que je n'ai pas eu une seule réponse intelligente, j'espère en connaître les raisons, un jour, peut-être...